mercredi 2 décembre 2009

#1

Quelques mois (depuis la fin du mois d'août, précisément) que je cherche à faire quelque chose de ces images, qui n'ont peut-être pas une grande valeur artistique, mais qui ont un sens : le sens du trajet retour de Marseille à Paris, la fin de l'été, la fin de la Méditerranée, l'abandon d'un lieu pour un autre, les différents sens que chacun de ces lieux a, l'opposition Marseille/Paris que je traverse depuis plus de quatre ans maintenant (je m'y étais été déjà essayé alors que je passais les oraux de l'agrégation de philosophie — tentative qui s'était soldée par un échec et, finalement, sans même le moindre regret).

En termes volontairement naïfs : la fin de l'insouciance.

Peut-être même : c'est ce trajet que je ne cesse de faire depuis que je suis né (naître au bord de la Méditerranée, vivre quelques années au nord de la France puis de nouveau au sud, puis de nouveau au nord).

À force de faire ces trajets, je ne sais plus, à vrai dire, dans quel sens est l'allée et dans quel sens est le retour. À chaque fois, je sais. À chaque fois, je crois savoir. À chaque fois, je ne sais plus. À chaque fois, je sais à nouveau. À chaque fois, le sens, c'est dans les deux sens : d'où je viens et où je viens. Ces images ont ce sens-là.

Elles ont encore celui-ci : ce que l'on fait pendant ces trajets. Lire. Dans le TGV Marseille-Paris-Marseille-Paris, etc. je ne fais que ça : lire et lire encore. Écrire et penser à quelques images, aussi. Mais surtout lire. Ce jour-là, je lisais ce livre de Hervé Guibert, dont je n'imaginais pas avant de l'acquérir que je penserais un jour à seulement penser le lire un jour.

Les trois : les images, le trajet et la musique n'ont que des rapports très lâches entre eux. Pourtant, ils sont indissociables.

C'est comme ça.




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